Home » Les Ligueurs de lexil. Le refuge catholique français après 1594 by Robert Descimon
Les Ligueurs de lexil. Le refuge catholique français après 1594 Robert Descimon

Les Ligueurs de lexil. Le refuge catholique français après 1594

Robert Descimon

Published October 2nd 2005
ISBN : 9782876734258
Paperback
317 pages
Enter the sum

 About the Book 

En 1585, à la mort du duc dAnjou, frère dHenri III, lhéritier du trône devint le roi de Navarre (futur Henri IV), chef du parti protestant. Après un quart de siècle de guerre civile, cette perspective était inacceptable pour les catholiquesMoreEn 1585, à la mort du duc dAnjou, frère dHenri III, lhéritier du trône devint le roi de Navarre (futur Henri IV), chef du parti protestant. Après un quart de siècle de guerre civile, cette perspective était inacceptable pour les catholiques radicaux. Ils formèrent une Ligue, que dirigeaient les Guise, doù le nom de ligueurs que lhistoire leur a attaché. Mais ce fut Henri IV qui remporta la victoire militaire et politique, au prix, il est vrai, de sa conversion au catholicisme. Alors, en 1594, certains de ces ligueurs choisirent lexil plutôt que de vivre sous lautorité dun hérétique relaps . Ils étaient si attachés à une conception intransigeante du catholicisme quils sinstallèrent sur les terres du roi dEspagne (le roi catholique ), à Bruxelles surtout. Après la paix entre lEspagne et la France, en 1598, le sort de ces exilés devint de plus en plus sombre et le sens de leur attachement à la liberté de conscience (cétait leur propre terme) de plus en plus mystérieux. Beaucoup rentrèrent au pays, où eux et leur famille connurent un net déclassement social, beaucoup restèrent en Flandres jusquà leur mort. Ce livre scrute laventure de ces exilés, surtout à travers les rapports quils entretenaient avec les autorités espagnoles qui les pensionnaient et tâchaient de les utiliser. Toute une passionnante galerie de portraits est ainsi esquissée : du duc dAumale, ce grand seigneur malheureux à la guerre (mais excellent catholique), au maréchal de Rosne qui mourut au combat alors quil commandait larmée espagnole au siège de Hulst, de Bussy-Leclerc, lancien gouverneur de la Bastille, qui exaspérait le monde avec son gros chapelet rouge, à Godin, lancien maire de Beauvais estropié par les nobles de son propre parti... Tous ces hommes peinaient à former une communauté, mais ils étaient unis par le souvenir des luttes passées et par leur commun attachement à un catholicisme absolu qui refusait toute cohabitation avec une autre religion, surtout si elle se prétendait chrétienne. Au fur et à mesure de leurs recherches dans les archives de Bruxelles, Simancas, Madrid, Milan, Paris, Lille.,., une évidence simposa aux auteurs à travers la confrontation de leurs cultures historiques (lun est espagnol, lautre français) : ils finirent par devoir reconnaître que ces exilés qui avaient fui la France dHenri IV nétaient pas seulement des fanatiques, condamnés depuis le XVIIe siècle par la tradition, quelle soit royale, libérale ou nationale, mais quils avaient été aussi porteurs dun message religieux et politique qui avait sa logique et a même eu, on peut le regretter, une postérité.